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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 16:17
L'endormissement de Marie

L’Église nous invite à nous recueillir devant l’un des mystères les plus profonds de notre foi : la Dormition, ou « endormissement », de la Très Sainte Théotokos.

Il y a quelque chose de profondément beau dans la manière dont l’Église orthodoxe évoque sa mort. Nous ne parlons pas avant tout d’une fin. Nous parlons d’une Dormition — un endormissement dans le Seigneur.

La Mère de Dieu, qui a donné chair au Fils éternel de Dieu, entre dans le mystère auquel tout chrétien est finalement confronté. Et pourtant, dans sa Dormition, l’Église ne voit pas une défaite, mais un accomplissement. Sa vie terrestre a atteint son accomplissement, et elle est accueillie dans la vie de son Fils.

Les Pères comprenaient ce mystère non pas simplement comme quelque chose à admirer de loin, mais comme quelque chose qui nous en dit long sur notre propre destin.

Saint Jean de Damas, prêchant sur la Dormition, parle avec une tendresse extraordinaire du départ de la Théotokos. Il considère sa mort comme digne de celle qui était devenue la demeure de Dieu. Pourtant, sa mort n’est pas une séparation d’avec le Christ. Elle est emmenée en présence de Celui qu’elle a porté dans son sein.

La Dormition nous rappelle que l’espérance chrétienne ne signifie pas que nous ne mourrons jamais. L’espérance chrétienne signifie que la mort n’a pas le dernier mot.

La Mère de Dieu a connu la souffrance. Elle a su ce que c’était que de se tenir au pied de la Croix et de voir son Fils souffrir et mourir. Elle a connu la douleur de la prophétie de Siméon : « Une épée transpercera ton âme aussi. »

Elle savait ce que c’était que de vivre la réalité humaine du deuil.

Et c’est pourquoi, lorsque nous nous tournons vers elle dans notre propre chagrin, nous ne nous tournons pas vers quelqu’un d’éloigné de la souffrance humaine.

Nous nous tournons vers une Mère qui comprend.

Il y a des personnes qui portent un chagrin que personne d’autre ne voit.

Certaines pleurent peut-être la perte d’un être cher.
D’autres pleurent peut-être une relation qui a changé.
D’autres encore ont peut-être peur de l’avenir.
D’autres sont peut-être épuisés d’avoir pris soin d’une autre personne.
D’autres portent peut-être en eux des blessures datant de nombreuses années.
Et d’autres sont peut-être simplement fatigués.

L’Église nous présente la Mère de Dieu et nous dit : vous ne traversez pas ces épreuves seuls.

Elle se tenait au pied de la Croix.

Elle est restée fidèle alors qu’elle ne pouvait pas tout comprendre.

Elle a gardé ces choses précieusement dans son cœur.

Et elle a fait confiance à Dieu même lorsque le chemin qui s’ouvrait devant elle était douloureux.

C’est peut-être là l’un des dons les plus pastoraux de la Dormition : Marie nous montre que la fidélité n’exige pas de notre part que nous comprenions tout ce que Dieu fait.

Il y a des moments dans la vie où nous nous demandons : « Pourquoi ? »

Pourquoi cela s’est-il produit ?
Pourquoi Dieu a-t-il permis cela ?
Pourquoi cette souffrance perdure-t-elle ?
Pourquoi ma prière n’a-t-elle pas été exaucée comme je l’espérais ?

L’Évangile ne nous donne pas toujours une explication immédiate.

Au lieu de cela, il nous donne une personne : le Christ.

Et aux côtés du Christ, nous voyons sa Mère.

La Théotokos ne résout pas tous les mystères pour nous. Elle nous enseigne comment rester fidèles au sein même du mystère.

Les Pères voyaient dans la Dormition l’accomplissement de la raison pour laquelle l’humanité a été créée.

Saint Athanase et les autres Pères évoquent à maintes reprises le but de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme afin que l’humanité puisse s’unir à Dieu. La Théotokos devient l’exemple suprême de cette vocation humaine. En elle, nous voyons ce qui se passe lorsqu’une vie humaine est entièrement offerte à Dieu.

Elle dit : « Voici la servante du Seigneur. »

Et elle continue à dire ce « oui » tout au long de sa vie.

À Bethléem, elle dit oui.

En Égypte, elle dit oui.

À Nazareth, elle dit oui.

À Cana, elle dit oui.

Au pied de la Croix, elle reste.

Et enfin, lors de sa Dormition, elle se confie entièrement à Dieu.

Sa vie devient une magnifique icône du disciple chrétien : accueillir le Christ, porter le Christ, rester avec le Christ, et enfin s’abandonner entièrement entre les mains du Christ.

C’est pourquoi la Dormition n’est pas vraiment une fête consacrée à la mort.

C’est une fête consacrée à la vie.

L’Église orthodoxe ne sépare pas la Mère de son Fils. Tout ce que nous disons au sujet de Marie nous conduit en fin de compte vers le Christ.

C’est à cause de Lui qu’elle est honorée.

Elle est appelée Theotokos parce que Celui qu’elle a porté est véritablement Dieu incarné.

Et sa Dormition révèle la promesse de l’Évangile : que ceux qui appartiennent au Christ ne sont pas perdus dans la mort.

L’icône de la Dormition exprime cela magnifiquement.

Nous voyons la Mère allongée sur son cercueil, entourée des apôtres. Et au-dessus d’elle se tient le Christ, tenant l’âme de sa Mère sous la forme d’une petite silhouette rayonnante.

Cette image est extraordinaire.

Celle qui a autrefois tenu le Christ dans ses bras est désormais tenue par le Christ.

La Mère porte le Fils.

Et maintenant, le Fils accueille sa Mère.

C’est presque comme si l’icône disait à chaque chrétien :

Un jour, le Christ vous accueillera vous aussi.

Lorsque nous serons faibles, Il nous tiendra dans Ses bras.

Lorsque nous aurons peur, Il nous tiendra dans Ses bras.

Lorsque notre vie terrestre touchera à sa fin, Il nous tiendra dans Ses bras.

Et ainsi peut-être n’avons-nous pas besoin d’avoir peur des mystères que nous ne pouvons pas encore comprendre.

Peut-être pouvons-nous simplement prier ainsi :

« Très Sainte Mère de Dieu, apprends-moi à dire « oui » à Dieu comme tu l’as fait.

Apprends-moi à rester fidèle même lorsque je ne comprends pas.

Apprends-moi à rester aux côtés du Christ dans la souffrance.

Apprends-moi à lui faire confiance dans la vie comme dans la mort.

Et lorsque mon propre cheminement terrestre touchera à sa fin, prie pour que je sois trouvé en Christ. »

L’Église appelle Marie « plus honorable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins ».

Elle nous apparaît également dans sa profonde humanité.

Elle a connu la naissance et la mort.

La joie et la tristesse.

L’amour et la perte.

Elle savait ce que signifiait être mère.

Elle savait ce que signifiait souffrir.

Et elle savait ce que signifiait tout remettre entre les mains de Dieu.

C’est pourquoi, alors que cette journée touche à sa fin, plaçons-nous sous sa protection maternelle.

Confions-lui nos familles.

Souvenons-nous de ceux qui sont malades.

Souvenons-nous de ceux qui sont en deuil.

Souvenons-nous de ceux qui se sentent seuls.

Souvenons-nous de ceux qui sont morts.

Et souvenons-nous de nous-mêmes — de nos peurs, de nos échecs, de nos espoirs et de nos blessures.

La Théotokos ne nous éloigne pas du Christ.

Elle nous conduit vers Lui.

Et le mot dernier de la Dormition n’est pas la mort.

C’est le Christ.

Le Christ qui a vaincu la mort.

Le Christ qui a accueilli Sa Mère.

Le Christ qui promet la résurrection à tous ceux qui Lui appartiennent.

Puissions-nous nous confier à Dieu comme la Théotokos s’est confiée à Lui.

Nous disons chaque soir :

« Entre tes mains, je remets mon esprit. »

Et la Dormition nous enseigne que ce ne sont pas là des paroles de désespoir.

Ce sont des paroles de confiance.

Car les mains auxquelles nous nous remettons sont celles de Celui qui nous a assez aimés pour entrer dans notre humanité, subir notre mort, en briser le pouvoir et nous ouvrir la voie vers la vie éternelle.

Très Sainte Théotokos, prie pour nous.

Sainte Mère de Dieu, prie pour nous.

Aide-nous à rester fidèles à ton Fils.

Et lorsque notre vie terrestre sera achevée, puissions-nous, nous aussi, nous endormir dans la paix du Christ, en attendant avec espérance la résurrection des morts et la vie du siècle à venir.

Amen.

Père Ryan

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15 août 2026 6 15 /08 /août /2026 22:09
La Lettre de Béthanie N° 235

Chers amis,

 A la fin de son parcours terrestre, Marie ne vit plus d’agonie ni de catastrophe finale : elle passe de la vie à la Vie, comme le chante un hymne. 

      C’est le mystère appelé « Assomption » : Marie ressuscite ! Etant devenue un avec la mort par pur amour, elle ne la subit plus de l’extérieur, comme un ennemi qui terrasse. 

    Jésus est entré dans la souffrance et la mort, Lui, Dieu consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint, pour métamorphoser ces lieux de ténèbres et de désespoir en chemin de résurrection. Maintenant, pour qui dit « oui » à la mort, la mort n’est plus l’endroit maudit de la corruption, le lieu du Dragon et des enfers, mais la chambre nuptiale où a pénétré l’Amour infini qui, désormais, y attend chacun. Marie est la première de l’humanité qui est entrée dans cette manière radicalement nouvelle de vivre la mort. Offrande parfaite, mort par conformité, identification avec l’Epoux... 

    Epouser la mort est le grand secret. Ici l’homme se trouve guéri définitivement par la déification de toute sa personne. Il n’y a pas de plus grande louange de gloire du Père que celle-là ! Ces épousailles ultimes du Christ mort et ressuscité sont la « doxologie » par excellence, l’heure de sa gloire ( Jn 17, 1).

    Marie, dans tout son être, est devenue cette louange vivante. Sa résurrection, après celle du Christ, ouvre maintenant à toute l’humanité le Chemin vers le ciel, clos depuis tant de millénaires. Mais le ciel où pénètre le Christ et Marie ressuscités, c’est d’abord mon propre cœur, car le Royaume des cieux est au-dedans de vous. 

    En Christ et par Marie, nous sommes donc déjà ressuscités (Col 3.1). Notre corps de mort est habité par eux qui ont tout accompli. Tout est en attente dans notre profondeur la plus charnelle, pesante et ténébreuse, pour un dépassement de notre moi conditionné, psychobiologique. Il suffit que l’homme entende l’appel intérieur et se mette en route, se nourrisse tant soit peu des trésors de sagesse qui reposent en lui, pour que le corps naisse à cette étincelle de conscience qui alors, d’étape en étape, le fait croître vers le corps de gloire.

VIVRE EST GLOIRE

    Tout commence, dit saint Théophane le Reclus (XIX°s.), par le sentiment de cette mystérieuse Présence en nous. Sentir que Dieu est la Vie de notre vie (saint Augustin), laisser vivre en soi cette expérience jusqu’à la sensation du Divin (Saint Dumitru Staniloë), culminant parfois dans le tressaillement silencieux de tout le corps qui s’éveille. 

    Par l’assomption de son corps en nous, Marie nous transmet son plus haut degré de louange, qui est la danse de sa résurrection. Danse dans la non-mort car, en vérité, vivre est gloire, écrit Olivier Clément. La danse n’est pas forcément une gestuelle, mais l’allégresse fondamentale de l’être dont participe le corps, même s’il reste immobile ! 

    Dans ce sens, Marie est la danse personnifiée et on s’imagine mal qu’elle ait récité le Magnificat au garde-à-vous... La vie tout entière de Marie, sans péché, c’est-à-dire sans l’ombre d’une séparation, non seulement s’intègre spontanément à la grande danse cosmique de la Création, mais elle en est encore le couronnement. 

    Son Assomption physique révèle maintenant aux yeux de tous pourquoi tout l’univers danse, depuis la danse des atomes jusqu’à celle des astres et des immenses nébuleuses de galaxies... En Marie toute la Création s’élève, devient totale transparence et atteint la plénitude de sa destinée : n’être que louange face au Créateur. Il n’y a plus d’extérieur et d’intérieur, de matériel et de spirituel, mais une seule grande vibration : la Joie.

Père Alphonse Goettmann
 

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13 août 2026 4 13 /08 /août /2026 19:27
Saint Tugdual de Saint-Dolay 2026
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